VIH : le « cache-cache » enfin fini !

17 Mar 2017 par

Arriver à débusquer le VIH ou le virus de l’immunodéficience humaine n’est pas chose facile. Pourtant, la publication de chercheurs du CNRS parue cette semaine dans la célèbre revue Nature prouve que c’est possible. Et ils y sont parvenus !

Sida traitement

Les cellules porteuses du VIH : désormais repérables

Le « saint graal » attendu par tant de patients atteints de VIH depuis des années est enfin à portée de main. Et ce sont les chercheurs de l’Institut de Génétique Humaine à Montpellier, en collaboration avec l’Institut Pasteur, l’Inserm, l’Institut de recherche sur les vaccins, l’hôpital Henri-Mondor à Créteil ainsi que l’hôpital Gui de Chauliac, qui peuvent s’en féliciter.

Les scientifiques ont ainsi découvert, la protéine CD32A présente uniquement à la surface des lymphocytes T (cellules de l’immunité) infectés par le VIH. Cette découverte est capitale dans le sens où, pour la première fois, cellules saines et cellules infectées, sont distinguables. Cette toute nouvelle protéine, qui fait figure de marqueur spécifique des cellules infectées par le VIH, permettra donc très prochainement de débusquer toutes les cellules dormantes dites « réservoir » du virus.

A savoir ! En infectiologie, un réservoir désigne une espèce (humaine ou animale) infectée, ne manifestant aucun symptôme, mais susceptible de transmettre l’agent infectieux à un autre individu. Autrement dit, le réservoir est l’hôte qui va héberger l’agent infectieux. Donc, une cellule « réservoir » permet l’hébergement du virus, lui assurant ainsi une protection contre les médicaments chargés de l’éliminer.

Ces cellules réservoirs sont à l’origine de la persistance du virus dans l’organisme malgré le traitement. Depuis des années, elles sont donc la cible privilégiée des stratégies thérapeutiques mises en place sans toutefois parvenir aux résultats tant attendus, jusqu’à aujourd’hui.

De nouvelles perspectives thérapeutiques pour le VIH

Plusieurs études préliminaires ont confirmé l’efficacité du marqueur. L’une d’elles a été réalisée sur des prélèvements sanguins de patients traités pour le VIH. Elle révèle que les cellules sélectionnées par le marqueur, soit la nouvelle protéine CD32A, étaient pratiquement toutes porteuses du virus.

La norme thérapeutique actuelle, par l’utilisation d’un traitement antirétroviral, ne permet de tuer que les cellules dans lesquelles le virus est actif donc visible. Ainsi, lorsque les patients arrêtent de prendre leur traitement, le virus inactivé (et invisible) au sein de certaines cellules ayant échappé à la thérapie, sort de son abri et se réactive pour croître de nouveau. Ce mode d’action du VIH, extrêmement perfectionné, constituait donc l’obstacle principal afin de garantir l’élimination totale du virus.

La découverte de la protéine CD32A, permettant l’identification puis l’élimination des cellules immunitaires hébergeant le virus inactif, annonce donc une nouvelle génération de traitement. Un pas de plus vers la guérison !

Charline D., Pharmacienne


Sources :
CD32a is a marker of a CD4 T-cell HIV reservoir harbouring replication-competent proviruses. Nature. Publié le 15 mars 2017. doi:10.1038/nature21710.
France closes on an HIV cure by detecting cells with dormant viruses. Labiotech. Publié le 15 mars 2017.

Charline D.
Pharmacienne.
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